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La mode par Internet

La mode par Internet - Manuel Owens

Mes petits-enfants reçoivent souvent des articles par la poste, et parfois, ça arrive par un service de courrier. Ce sont des choses que j’ai commandées pour eux sur des sites internet à rabais. C’est super de pouvoir acheter sa garde-robe de cette façon. Par contre, j’aimerais tellement les voir ralentir, ou même arrêter, de trop se fier à la mode pour se vêtir. C’est trop planifié, trop choisi, trop dirigé. Je n’aime pas quand on me dit quoi faire, et quand je les vois, tous mes petits-enfants, pas seulement les filles, crier à tue-tête en ouvrant les paquets ou les colis, je grince des dents. Je sais que je ne devrais probablement pas les encourager, mais qu’est-ce que je peux faire d’autre que ça ? C’est ce qu’ils veulent. Et moi, je suis un faible qui me laisse tenter par leurs sourires et leurs yeux éclatants de joie. Je suis trop mou.

Mes enfants ne se sont jamais fait gâter de la sorte. Je refusais de leur acheter les « looks » derniers cris. Ils devaient accepter de porter ce qu’il y avait dans les magasins à prix réduits, ou dans les boutiques de vêtements usagés. C’est tout ce qu’ils pouvaient porter. Même si je travaillais à l'époque pour une entreprise de remplacement toiture Deux-Montagnes, je ne gagnais pas énormément d'argent. Moi-même, ma mère ne magasinait qu’à une seule place : là où elle savait qu’elle aurait les meilleures aubaines. Si je ne me trompe pas, on avait un mélange de vêtements neufs et usagés à la même place. On choisissait ce qu’on aimait parmi la sélection disponible.

C’est sûr qu’à cette époque, la mode était moins dominante qu’aujourd’hui. Par contre, de nos jours, je sens que tout semble se ressembler un peu trop. Est-ce que c’est moi, ou les filles portent toutes des leggings, et presqu’exclusivement des leggings ? Ce vêtement a été conçu pour les cours de danse et de gymnastique, pour que les professeurs soient en mesure de voir chaque petit détail des jambes des élèves dans leurs classes, afin de corriger à la perfection la position de leur corps et de leurs mouvements. Donc, c’est comme une deuxième peau, être nu sans être officiellement nu. Les jeunes femmes se rendent-elles compte que c’est ça qu’elles portent, rien de plus qu’un tissu minime, le plus minime possible, pour qu’on puisse voir tout, sauf la couleur de la peau ? C’est sûrement le seul temps que je dis non à mes petites-filles : je refuse carrément de les laisser porter ce vêtement trop hypersexuel. C’est mal de lancer ce genre de message à la société.

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