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Un bon père

Un bon père - Manuel Owens

Si être une mère célibataire est communément connu pour être difficile, être père célibataire l’est doublement, voire triplement, et je peux en témoigner. Ma femme est décédée, il y a quinze ans et depuis, je m’occupe seul de mes trois enfants adolescents : deux garçons et une fille. Je n’ai jamais fréquenté quelqu’un d’autre après que ma femme soit partie. D’abord, parce que je n’avais pas le temps, et ensuite, parce que j’étais encore très épris de ma femme, même si elle nous a quitté. Mes journées sont éreintantes, je me lève à quatre heures du matin pour préparer les déjeuners, ensuite les repas que mes enfants vont emporter à l’école. Ensuite, je m’assure que tout le monde se lève, se douche, se brosse correctement les dents et mette une tenu convenable. C’est seulement après que je peux me laver, me raser et mettre un costume vite fait. J’emmène les enfants à l’école et ensuite, je pars à mon travail. À midi, je leur téléphone pour m’assurer que tout va bien, sans cela, je ne peux pas avaler une bouchée. Pour cela, mes collègues me narguent et m’appellent papa poule. Ils ont raison, mais perdre ma femme a été la tragédie de ma vie,  c’est pour cela que je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter pour mes enfants. Le soir, je prépare le souper, m’assure que tout le monde fasse correctement ses devoirs. Avant le repas, j’ai toujours mis un point d’honneur à ce qu’on soit tous présents dans le salon pour discuter, se raconter la journée, ceci afin de renforcer les liens familiaux. Et là, c’est le plus beau moment de la journée, même si j’ai droit aux plus extravagants des requêtes. Soit c’est mon fils qui me demande la permission de pouvoir fumer dans la maison, soit c’est ma fille qui veut faire une première expérience de travail dans une société d’inspection camera canalisation. Il faut dire que ma fille est un peu « garçon manqué ». Je suis à la fois leur père et leur mère, sept jours sur sept, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je suis fatigué la plupart du temps, je crois mourir d’épuisement au moins deux fois par jours, mais je n’échangerais ma vie contre une autre pour rien au monde. Mes enfants sont ma richesse, tant qu’ils sont heureux, moi aussi, je suis heureux. Et même si pour bien faire mon rôle de père, je dois sacrifier ma vie privée, cela ne me dérange pas du tout.

À propos de l’auteur :

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